Rénover la ventilation en copropriété : un indispensable !
La ventilation est un poste de travaux indispensable dans tout projet de rénovation énergétique en copropriété. Souvent négligée, elle joue un rôle crucial pour la qualité de l'air intérieur et les économies d'énergie. Lorsqu'une copropriété fait isoler les murs ou changer ses fenêtres, ces travaux rendent le bâtiment plus étanche à l’air : il est alors impératif d'assurer un renouvellement d'air maîtrisé pour éviter les problèmes d'humidité et garantir un air sain dans les logements.
Ventiler, pourquoi faire ?
Ventiler et aérer son logement est indispensable pour garantir un air intérieur sain. Cette ventilation permet d'évacuer les polluants de l'air intérieur ainsi que l'humidité produite par les occupants du logement (respiration, cuisson, douches, etc.). Si votre logement est équipé d'une chaudière, d'un poêle, d'une cheminée ou encore d'un chauffage d'appoint à combustion, la ventilation devient encore plus critique car elle doit évacuer les gaz qui s'échappent lors de la combustion.
Un logement mal ventilé entraîne rapidement l'apparition de problèmes de santé et de confort : maux de tête, crises d'asthme, apparition d'humidité sur les murs ou les fenêtres, développement de moisissures. Ces désagréments peuvent avoir des conséquences durables sur la santé des occupants et l'état du bâtiment.
Malheureusement, aérer en ouvrant simplement les fenêtres n'est pas suffisant, car nous laissons rarement les fenêtres ouvertes assez longtemps pour renouveler efficacement l'air. Il est donc nécessaire de ventiler en permanence grâce à un système de ventilation adapté.
Pour faire des économies d'énergie, il faut contrôler au maximum cette ventilation. Trop ventiler en hiver revient à laisser s'échapper la chaleur du chauffage, ce qui augmente considérablement les factures énergétiques. L'enjeu est donc de trouver le bon équilibre entre qualité de l'air intérieur et performance énergétique.
Focus : la ventilation naturelle
Dans les immeubles anciens et jusqu'aux années 1980, il n'y a généralement pas de ventilation mécanique. Des grilles ou des conduits assurent une ventilation naturelle. L’air est renouvelé par le tirage thermique : comme l’air chaud monte, il s’évacue par les grilles ou cheminées hautes, et de l’air froid rentre par les grilles basses. Plus il fait froid dehors, plus le tirage thermique augmente.
Le défaut de la ventilation naturelle est de ne pas fonctionner suffisament en été et de manière excessive en hiver, créant des déperditions de chaleur importantes. En copropriété, la modernisation du système de ventilation permet de réguler ces échanges d'air et d'optimiser les performances énergétiques de l'immeuble.
Comment rénover la ventilation ?
Améliorer la ventilation est un sujet complexe, mais vous pouvez bénéficier de l'aide des conseillères et conseillers CoachCopro. Ils pourront vous accompagner pour bien préparer vos travaux. Pour cela, il suffit de vous inscrire :
Rénover une VMC existante
A partir des années 1970, la ventilation mécanique contrôlée (VMC) se généralise avant de devenir obligatoire en mars 1982. Pour les copropriétés construites à partir de cette époque et déjà équipées à l’origine avec un système de VMC, un diagnostic de l’état de la ventilation actuelle est nécessaire, et pourra conduire à changer une partie des anciens équipements, sans changer complètement de système :
- bouches d’extraction : initialement autoréglables, ces bouches ne prennent pas en compte le taux d’humidité de la pièce. Des bouches hygroréglables capables de s’adapter à l’humidité réelle peuvent alors être installées pour réaliser des économies d’énergie.
- entrées d’air : il existe également des entrées d’air hygroréglables qui peuvent remplacer les entrées d’air existantes.
- caissons de ventilation : les caissons les plus modernes ont un fonctionnement optimisé pour réduire leur consommation électrique.

Exemple de rénovation d'une VMC collective existante au 1, rue Daguerre à Rosny-sous-Bois. Sur la photo ci-contre, on voit les gaines et un des moteurs d'extraction en toiture qui ont été intégralement changés.
Pour les bâtiments qui n’ont pas de VMC, il existe plusieurs solutions pour améliorer la ventilation de la copropriété, selon l'âge du bâtiment, sa configuration et ses contraintes techniques. Le choix dépend principalement du type de conduits existants et de la morphologie de l'immeuble.
La VMC basse pression
La VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) basse pression est la solution la plus courante en rénovation. Le système fonctionne grâce à un caisson d'extraction installé en toiture ou dans les combles, qui crée une légère dépression dans les conduits existants. Cette dépression contrôlée permet d'évacuer l'air vicié des pièces humides (salles de bains, toilettes, cuisines) tandis que l'air neuf entre naturellement par des grilles installées dans les menuiseries des pièces sèches (chambres, salon).
Ce système est privilégié dans les copropriétés où il existe déjà un réseau de conduits de ventilation naturelle.
Avantages : Solution économique, installation relativement simple, faible consommation électrique.
Inconvénients : Nécessite des conduits de bonne taille et en bon état.
Exemples de copropriétés ayant installé une VMC basse pression
Une rénovation portée par le conseil syndical et les copropriétaires : 7, domaine du Chateau, Chilly-Mazarin
Rénovation de 108 logements au niveau BBC : 11, rue Nodot, Dijon
La ventilation hybride
La ventilation hybride combine les avantages de la ventilation naturelle et de l'assistance mécanique grâce à des tourelles électriques de faible puissance installées en toiture.
Ce système est particulièrement adapté aux immeubles anciens construits avant 1982, qui disposent de conduits maçonnés traditionnels. La tourelle régule automatiquement l'assistance selon les conditions extérieures : elle compense le manque de tirage thermique en été et limite les excès en hiver.
Avantages : Respecte l'architecture existante, très faible consommation électrique, régulation automatique.
Inconvénients : Coût d'installation plus élevé.
Exemples de copropriétés ayant installé une ventilation hybride
Rénovation BBC avec une ventilation hybride : 67 avenue du Vallon, Pessac
Rénovation BBC avec une ventilation hybride : 68, rue du Moulin de la Pointe, Paris
Rénovation d'une copropriété de 2 bâtiments avec une ventilation basse pression et une ventilation hybride :
29, rue de Stalingrad, Le-Pré-Saint-Gervais
La VMC simple flux
Dans les copropriétés où il n’y a aucun réseau de conduits existants, ou que ceux-ci sont en mauvais état et ne peuvent pas être réutilisés, il faut alors prévoir la création d’une nouvelle ventilation mécanique contrôlée (VMC), avec son réseau de gaines. Cette solution est la plus compliquée à mettre en place, car il faut pouvoir installer les gaines dans tout le bâtiment et raccorder les pièces humides (cuisine, salle de bains, WC) à un caisson installé généralement en toiture ou dans les combles.
Avantages : Maîtrise totale des débits de ventilation.
Inconvénients : Coût d'installation élevé, complexité d’installation des gaines.
Exemples de copropriétés ayant installé une VMC simple flux
Rénovation d'une petite copropriété de 1969 : 63 avenue du Rhône, Saint-Genix-les-Villages
Rénovation globale ambitieuse : 34, avenue de Verdun, Chatillon
La ventilation mécanique répartie (VMR)
La ventilation mécanique répartie est une autre alternative intéressante pour les copropriétés dans lesquelles il n’est pas possible d’utiliser des conduits existants. La VMR consiste à installer des extracteurs d’air motorisés dans chacune des pièces humides. Au lieu d’un seul moteur pour l’ensemble de la copropriété, il peut alors y avoir des dizaines de moteurs : au moins un voire plusieurs moteurs par logement. L’intérêt de ce système est d’éviter la pose d’un réseau de gaines. Il est cependant nécessaire de prévoir autant de carottages en façade que de moteurs.
Avantages : Solution adaptée en l’absence de conduits d’aération.
Inconvénients : nécessité d’ajouter des alimentations électriques pour les moteurs, carottage de la façade.
Focus : les systèmes hygroréglables
La VMC basse pression, la VMC simple flux et la VMR existent en version "hygroréglables" : elles adaptent automatiquement les débits d'air selon l'humidité détectée dans les pièces, permettant des économies d'énergie plus importantes. Le principe repose sur des matériaux qui se déforment selon le taux d'humidité, ouvrant ou fermant des volets de régulation. Ainsi, les débits d'air s'adaptent aux besoins réels : faibles quand les pièces sont inoccupées, plus importants lors d'activités générant de l'humidité (douche, cuisine, présence de personnes).
On distingue deux types de systèmes hygroréglables :
- Hygro A : seules les extractions sont hygroréglables, les entrées d'air restent à débit fixe.
- Hygro B : les entrées et extractions s'adaptent toutes deux au taux d'humidité.
Le système Hygro B, bien que légèrement plus coûteux, permet de meilleures performances énergétiques et est généralement privilégié en copropriété pour optimiser le retour sur investissement.
Ventilation et bâti ancien : regardez notre webinaire !
Quel système choisir ?
En rénovation, c’est la présence et l’état des anciens conduits qui dicte les choix possibles. Pour faciliter la prise de décision en copropriété et améliorer les estimations financières présentées dans le diagnostic technique global (DTG), les copropriétaires peuvent missionner une entreprise spécialisée dès la phase DTG, et prévoir des passages de caméras pour inspecter les conduits.
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Existant |
Améliorations en rénovation |
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VMC, VMC gaz |
Changement des bouches d’entrées, des bouches d’extraction, changement du caisson |
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Ventilation naturelle avec un réseau de conduits en bon état |
Ventilation basse pression, ventilation hybride |
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Ventilation naturelle avec un réseau de conduits en mauvais état |
VMC simple flux, VMR |
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Ventilation naturelle par grilles, sans conduits |
VMC simple flux, VMR |
Combien coûte la ventilation ?
Il existe des écarts de prix importants entre les différentes techniques mentionnées ci-dessus.
Les solutions les moins onéreuses sont la rénovation des VMC existantes ou la transformation d’une ventilation naturelle à une ventilation hydride, techniques qui sont majoritaires dans les grandes copropriétés des années 1970.
En 2022, l'Observatoire CoachCopro a mené une étude des coûts de travaux de ventilation portant sur 20 copropriétés situées à Paris, pour des travaux réalisés entre 2014 et 2020. En moyenne, ces copropriétés comprenaient 115 logements de 61m2, soit une sur-représentation des copropriétés des années 1970 :
- Coût moyen par logement : 906 €
- Coût moyen par m2 habitable : 14 €
- 75% des devis étudiés ont un coût par logement compris entre 567 € et 1 132 €.
Dans cette étude, seuls quelques devis avaient des coûts supérieurs à 1500€ par logement, et pouvant aller jusqu’à plus de 2500€ par logement. Les petites copropriétés de quelques logements sont celles qui payent le plus cher les travaux de ventilation.
Les coûts moyens se répartissent en plusieurs postes :
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La réglementation
La modernisation de la ventilation en copropriété doit respecter plusieurs exigences réglementaires relatives au vote des travaux, aux performances techniques et aux règles d'urbanisme.
Performances minimales imposées par la réglementation : le débit d’air à renouveler est encadré par l'arrêté du 24 mars 1982 modifié, en fonction de la taille du logement et par type de pièce.
Performances pour l'éligibilité aux aides financières : les systèmes de ventilation mécanique permettent d'obtenir les certificats d'économies d'énergie (CEE) et certaines aides locales. Les gains énergétiques apportés par le nouveau système de ventilation sont comptés dans le calcul permettant d'obtenir les aides comme MaPrimeRénov' Copropriétés.
Autorisations d'urbanisme : L'installation de tourelles en toiture peut nécessiter une déclaration préalable, particulièrement dans les secteurs protégés ou en présence d'un avis des Architectes des Bâtiments de France.
Pour en savoir plus, consultez notre page dédiée à la réglementation.
