Comment valoriser les espaces extérieurs de sa copropriété ? Les parkings : une ressource cachée !
Les cours intérieures, les toitures, les sous-sols et les parkings constituent des espaces souvent peu valorisés dans les copropriétés. Ils peuvent pourtant représenter des opportunités pour améliorer la performance énergétique de l’immeuble, diversifier les usages et contribuer à l’amélioration du cadre de vie des occupants.
La réalisation de projets dans ces espaces peut également constituer une occasion de mobiliser les copropriétaires autour d’un projet commun. Ces démarches contribuent à améliorer le confort des occupants et peuvent, à terme, participer à la valorisation du patrimoine immobilier.
Après avoir abordé la valorisation des cours intérieures et des toitures, cette nouvelle série technique s’intéresse aux parkings. Souvent considérés comme de simples espaces de stationnement, ils peuvent pourtant accueillir différents équipements techniques et contribuer à la mise en œuvre de projets de rénovation énergétique.
Préambule : Les parkings et leur potentiel d’exploitation
Le parking souterrain est un élément invisible des immeubles. Situé sous les logements, il est généralement peu fréquenté par les occupants et son aménagement est souvent limité à sa fonction première : le stationnement des véhicules.
Ses caractéristiques présentent toutefois certains avantages pour l’installation d’équipements techniques. Les contraintes liées à l’ensoleillement, aux vues ou à la proximité immédiate des logements sont inexistantes et permettent d’envisager les projets autrement.
Dans le même temps, l’évolution des politiques publiques en matière de mobilité tend à réduire progressivement la place accordée aux véhicules thermiques, en particulier dans les zones urbaines denses. Cette évolution peut conduire les copropriétés à s’interroger sur l’usage futur de certains espaces de stationnement.
Le parking peut ainsi constituer une réserve d’espace intéressante pour accueillir de nouveaux équipements, notamment dans le cadre de projets de rénovation énergétique.
Utiliser son parking pour développer des projets d’énergies renouvelables
L’installation de panneaux géothermiques
Une technologie récente permet de valoriser l’énergie thermique présente dans le sol et les structures enterrées des bâtiments : les panneaux géothermiques. Le principe consiste à installer des panneaux verticaux le long des parois d’un parking souterrain. Ces panneaux permettent de capter des calories présentent dans les murs, qui sont ensuite valorisées par une pompe à chaleur eau/eau.

Cette installation est actuellement destinée à produire une partie, voire la totalité, de l’Eau Chaude Sanitaire (ECS) d’un bâtiment.
La mise en œuvre de cette solution nécessite l’installation d’une pompe à chaleur et des équipements hydrauliques associés. Un local technique suffisamment dimensionné doit donc être prévu. Ainsi, une copropriété dispose de la possibilité d’acquérir une ou deux places de parking afin d’obtenir les volumes nécessaires à la mise en place des équipements nécessaires à la production et l’acheminement des calories captées.
À ce jour, cette technologie reste peu développée dans les copropriétés privées. Un premier retour d’expérience a néanmoins été réalisé dans le secteur du logement social.
Les pompes à chaleur en sous-sol : c’est possible !
A la fin de l’année 2026, les gains énergétiques associés à l’installation de chaudières gaz collectives ou individuelles ne seront plus intégrés dans les aides financières pour la rénovation énergétique. Cependant, réduire les émissions de gaz à effet de serre est toujours l’un des fers de lance de la rénovation énergétique. Dans ce contexte, les copropriétés doivent étudier les solutions permettant de réduire leur dépendance aux énergies fossiles.
Dans le cas des immeubles disposant d’une chaudière gaz ou fioul collectif, et lorsque le raccordement au réseau de chaleur urbain n’est pas possible, s’orienter vers des pompes à chaleur est une option à étudier. Comme présenté dans les articles précédents de cette série, les pompes à chaleur peuvent être installées en toiture-terrasse ou en cour intérieur et ces options sont à privilégier lorsque c’est possible. Toutefois, de nombreux immeubles parisiens disposent de contraintes architecturales ou foncières qui limitent ces possibilités. Le parking souterrain peut alors constituer une alternative pour accueillir les équipements de production de chauffage et/ou d’eau chaude sanitaire.
Lorsque c’est le cas, le parking souterrain est un espace propice à l’installation de ce matériel de production de chauffage et/ou d’ECS. Certains fluides peuvent présenter des caractéristiques nécessitant des dispositions particulières en matière de ventilation, de sécurité incendie, de détection ou d’implantation des équipements. Ces exigences ont pour objectif de garantir la sécurité des occupants et des intervenants, mais également d’assurer le bon fonctionnement de l’installation et le maintien de ses performances dans le temps.
Des projets de rénovation énergétique permettent déjà d’illustrer la possibilité d’intégrer des équipements de production de chaleur dans les espaces disponibles d’une copropriété.
Le projet réalisé au 50 avenue Jean Jaurès, dans le 19e arrondissement de Paris, constitue notamment un retour d’expérience intéressant : 50 Avenue Jean Jaurès 75019 Paris

La géothermie de minime importance (GMI) : installation plus complexe mais qui prodigue une source de chaleur renouvelable
Les parkings souterrains peuvent accueillir des équipements de géothermie de surface et ainsi contribuer à la production de chauffage et de froid d’un bâtiment.
La géothermie de surface exploite la température relativement stable du sous-sol. Elle permet de couvrir tout ou partie des besoins de chauffage, de production d’eau chaude sanitaire et de rafraîchissement. Les forages peuvent être réalisés depuis un parking existant, y compris lorsque le bâtiment et ses fondations sont déjà construits.
La faisabilité dépend toutefois de plusieurs paramètres : caractéristiques du sous-sol, profondeur et espacement des forages, accès aux équipements, présence d’un local technique et compatibilité avec les autres usages du sous-sol. La réalisation des forages ne constitue qu’une partie du projet. L’installation nécessite également de prévoir les équipements permettant de récupérer et de distribuer l’énergie produite. Une étude préalable est donc indispensable.
Le bâtiment My Little Nation constitue un exemple de géothermie installée directement depuis un sous-sol. Dans le cadre de la transformation de logements en bureaux, deux forages d’environ 50 mètres de profondeur ont été réalisés depuis le deuxième sous-sol, malgré une hauteur de plafond limitée. L’installation couvre environ 200 MWh/an de besoins de chaleur et 300 MWh/an de besoins de froid. Les deux puits sont espacés de 40 mètres.
Ce retour d’expérience montre qu’un parking peut constituer un point d’implantation pertinent pour une installation géothermique, y compris dans un bâtiment existant.
Pour comprendre les possibilités à disposition de votre immeuble, l’Agence Parisienne du Climat a réalisé cette plaquette pour les solutions de production de chaleur renouvelable.
Mettre en place des bornes de recharge de véhicules électriques
La mobilité électrique s’inscrit progressivement dans le paysage des déplacements à Paris et dans les grandes métropoles. Elle implique toutefois de nouveaux usages et de nouvelles infrastructures par rapport aux véhicules thermiques. La recharge d’un véhicule électrique nécessite de disposer d’un point de recharge et de pouvoir y stationner suffisamment longtemps.
Pour des raisons de sécurité, de confort et de coûts, 90 % des recharges de véhicules électriques se font à domicile. Ainsi, « faire le plein » d'un véhicule électrique implique de nouvelles démarches, et les infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE) sont indispensables à leur développement optimal.
L’installation d’une borne de recharge dans un immeuble collectif peut soulever plusieurs questions techniques, financières et juridiques. Pour faciliter l’accès à la recharge des personnes résidant en copropriété, la réglementation prévoit notamment un dispositif appelé « droit à la prise ». Ce dispositif permet à un occupant d’un immeuble collectif de demander l’installation d’une infrastructure de recharge sur sa place de stationnement.
Dès aujourd’hui, il est donc fondamental d’anticiper l’installation de bornes indispensables à leurs recharges, en voirie mais surtout à domicile, lieu de prédilection de ces recharges. Or, à Paris, 90 % des logements du parc privé sont concentrés en copropriété et c’est là que se situent 77 % des places de stationnement résidentiel !
L’installation d’IRVE peut être intégrée dans une réflexion globale de la copropriété sur l’évolution de ses usages et de ses équipements lors d’un projet de rénovation énergétique globale. Pour vous permettre d’avoir toutes les clefs en main, l’Agence Parisienne du Climat a rédigé un guide ainsi qu’une série technique.
Et des idées plus … inventives
Les espaces souterrains présentent des caractéristiques particulières, souvent peu favorables à leur fréquentation quotidienne : absence de lumière naturelle, températures relativement stables, humidité parfois importante ou encore ventilation limitée. Ces caractéristiques peuvent toutefois constituer des atouts pour certains usages. En période de fortes chaleurs, la température plus stable des espaces enterrés peut notamment offrir des conditions plus favorables que les espaces extérieurs. Il est aussi possible d’envisager de convertir, une partie ou la totalité de l’espace (selon les surfaces non utilisées), pour y cultiver certains aliments.
Les espaces situés en sous-sol ne sont pas nécessairement adaptés à toutes les formes d’agriculture urbaine. L’absence de lumière naturelle et les conditions de ventilation ou d’humidité limitent notamment les possibilités de culture en pleine terre. Certaines productions peuvent toutefois être particulièrement adaptées à ces environnements.
Les champignons, les endives et les micro-pousses peuvent notamment être cultivés dans des espaces fermés, avec un recours limité à la lumière naturelle. Pour les cultures nécessitant de la lumière, comme certaines herbes aromatiques ou jeunes pousses, des systèmes d’éclairage artificiel, notamment à LED, peuvent être utilisés.
Un exemple particulièrement intéressant se trouve à Paris, dans le 18ᵉ arrondissement. La Caverne est une ferme urbaine installée dans le parking souterrain d’une résidence de 300 logements sociaux, propriété d’ICF Habitat La Sablière.
La transformation d’un parking en espace agricole nécessite néanmoins des aménagements spécifiques : maîtrise de la température et de l’humidité, ventilation, alimentation électrique, gestion de l’eau, éclairage lorsque cela est nécessaire et organisation des accès. La faisabilité doit également être étudiée au regard des caractéristiques du bâtiment et des règles applicables au local.
Vous souhaitez valoriser votre parking souterrain ? Contactez-nous !
Si vous avez un projet de valoriser de vos espaces souterrains dans votre copropriété, vous pouvez intégrer de nombreux dispositifs accompagnés par nos conseillers et conseillères.
