Plan d'électrification du bâtiment : ce que les copropriétaires doivent savoir
En réaction à la hausse des prix du gaz et du pétrole sur les marchés internationaux, le gouvernement français a présenté le 23 avril 2026 un plan d'électrification dont le premier chapitre concerne le bâtiment. Trois mesures touchent directement ou indirectement les copropriétés. Dans cet article, nous vous aidons à comprendre ces mesures qui pourraient impacter votre logement. Attention cependant, ces annonces sont très récentes : leur portée réelle dépendra des décrets d'application, qu'il faudra lire attentivement avant d'en tirer des conclusions définitives.

Fin des subventions pour les chaudières à énergie fossile : les copropriétés sont-elles concernées ?
Le plan d'électrification prévoit l'obligation de supprimer les systèmes de chauffage fonctionnant aux énergies fossiles dans le cadre des "rénovations d'ampleur", mais ce terme renvoie au dispositif MaPrimeRénov' pour les logements individuels. Les règles applicables aux copropriétés sont différentes.
Pour les copropriétaires, l'orientation était déjà actée avant ce plan : depuis fin 2025, les travaux de rénovation de chaufferie collective intégrant du gaz ne sont plus subventionnés par Ma Prime Rénov' Copropriétés. Une période de transition courant jusqu'au 31 décembre 2026 permet toutefois de comptabiliser le gain énergétique obtenu en passant d'une chaudière fioul ou gaz vers une chaudière gaz à condensation, afin de justifier que les seuils énergétiques requis sont atteints (35 % ou 50 %). Le plan du 23 avril 2026 ne modifie pas ce cadre pour les copropriétés.
Raccordement au gaz en copropriété : qu'est-ce qui peut changer en 2027 ?
Le plan d'électrification vise également à limiter les nouveaux raccordements au gaz pour tous les bâtiments. Cette mesure a une conséquence directe pour de nombreuses copropriétés chauffées au fioul : jusqu'à présent, elles pouvaient abandonner le fioul en faveur d'une chaudière gaz, ce qui implique généralement un raccordement au réseau de distribution de gaz.
Aujourd'hui, les coûts de ce raccordement ne sont pas intégralement supportés par les copropriétaires : ils sont mutualisés sur l'ensemble des consommateurs de gaz raccordés au réseau. À partir du 1er janvier 2027, un décret imposera aux copropriétés demandant un raccordement au gaz d'en supporter l'intégralité du coût. Le raccordement deviendra donc significativement plus onéreux pour toute copropriété qui en fera la demande après cette date. L'objectif affiché est qu'aucun bâtiment neuf ou existant ne génère de nouvelle consommation de gaz.
Les copropriétés encore chauffées au fioul doivent donc anticiper au maximum leurs travaux pour se tourner vers des énergies de chauffage décarbonnées.
DPE : vers un nouvel abaissement du coefficient d'énergie primaire ?
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) intègre un coefficient dit « d'énergie primaire » qui pondère chaque kilowattheure d'électricité consommé. Ce coefficient est actuellement fixé à 1,9. Il pénalise uniquement les logements chauffés par des radiateurs électriques, en dégradant leur note énergétique.
Fin 2021, le coefficient d’énergie primaire pour l'électricité a déjà été abaissé de 2,58 à 2,3. Au 1er janvier 2026, le coefficient a été une nouvelle fois abaissé à 1,9. Dans le plan d'électrification annoncé le 23 avril, le gouvernement semble envisager de baisser encore le coefficient à 1,7.
Ce coefficient étant inférieur à ce que prévoit la directive européenne sur le sujet, le gouvernement doit encore justifier sa méthode de calcul pour que cette modification soit appliquée.
Quelles conséquences pour les copropriétés ?
Lors des annonces faites par le gouvernement Bayrou en juillet 2025, nous avions déjà proposé une analyse détaillée des conséquences pour les copropriétaires. Nous vous invitons à retrouver notre article dédié :
Modification du DPE, ce qui change pour les copropriétés.
3 recommandations pour les copropriétaires
Les travaux sur le chauffage en copropriété nécessitent une anticipation et des connaissances techniques importantes. N'attendez pas pour lancer la réflexion au sein de votre copropriété, et faites vous accompagner par un conseiller France Rénov' ou CoachCopro.
1/ Attention au coût de l'électricité
L'électricité est aujourd'hui l'énergie la plus chère pour le chauffage : son prix se situe entre 0,20 et 0,25 €/kWh, soit deux à trois fois plus que le gaz ou le fioul. Électrifier le chauffage d'une copropriété sans faire de travaux d'isolation efficaces risque d'augmenter sensiblement les charges de chauffage.
La recommandation de CoachCopro : réduire les consommations d'énergie en adoptant la sobriété, améliorer l'isolation du bâtiment... et enfin améliorer ou changer de système de chauffage !
2/ Attention à la sécurité des installations électriques collectives
Pour les copropriétés actuellement chauffées au gaz, au fioul, à la biomasse ou raccordées à un réseau de chaleur, les installations électriques communes ne sont dimensionnées que pour couvrir la cuisson, l'éclairage et l'électroménager. Une installation massive de radiateurs électriques par les copropriétaires pourrait dépasser largement la capacité de ces infrastructures, entraînant des coupures d'alimentation, voire des risques d'incendie.
La recommandation de CoachCopro : la capacité du réseau électrique doit être évaluée avant toute décision individuelle ou collective ! Contactez un conseiller France Rénov ou CoachCopro, le syndic de l'immeuble, ou un bureau d'études spécialisé.
3/ Les pompes à chaleur : seule option viable pour électrifier le chauffage ?
Le plan d'électrification soutient particulièrement les pompes à chaleur (PAC). Les PAC fonctionnent à l'électricité mais produisent entre 3 et 4 unités de chaleur pour chaque unité d'électricité consommée, voire plus pour les PAC géothermiques. Grâce à ces bonnes performances énergétiques, les PAC limitent la consommation d'électricité et donc les charges des copropriétaires.
En revanche, en copropriété, remplacer une chaudière gaz ou fioul par une PAC nécéssite de bien anticiper, car les travaux ne se font pas du jour au lendemain :
- Les PAC air-eau ou air-air ont besoin d'un module extérieur pour fonctionner. Des études préalables sont nécessaires pour bien les installer.
- Les PAC eau-eau (appelée aussi PAC géothermique) sont les plus efficaces, à condition que le sous-sol s'y prête. Des études préalables sont également nécessaires avant d'opter pour cette solution.
Dans tous les cas, il faut améliorer l'ensemble des performances énergétiques de l'immeuble et voir si des énergies renouvelables locales peuvent être utilisées avant de se tourner vers l'installation d'une PAC.
La recommandation de CoachCopro : cherchez dans les archives de la copropriété si un DTG, un audit énergétique ou un DPE collectif a déjà été réalisé, et identifiez les solutions qui sont proposées. Si aucune de ces études n'a été menée, il est grand temps de se lancer... Contactez un conseiller CoachCopro pour vous accompagner !
Le communiqué de presse détaillant les mesures du plan d'électrification est disponible sur ce lien : Plan d'électrification : pour une énergie moins chère, plus souveraine et plus durable | Ministères Aménagement du territoire Transition écologique
