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2 Rue de Guébriant 75020 Paris

Rénovation ambitieuse d'une grande copropriété


IDENTITÉ

Année de construction

1951

Surface

13891

Nombre de bâtiment

5

Nombre de logements

195

Type de chauffage

Collectif

Source d'énergie chauffage

Gaz


DONNÉES CLÉS

Performance énergétique

51 %

Consommation avant projet

295 kWhep/m²/an

Coût moyen / logement

41,000 €

Consommation après projet

146 kWhep/m²/an

CONTEXTE DU PROJET DE RÉNOVATION

Cette copropriété a bénéficié du dispositif EcoRénovons Paris +.

 

La résidence Mortier, située dans le 20ème arrondissement de Paris, est constituée de 195 logements répartis sur 5 tours identiques s’élevant à R+9, construites entre 1952 et 1954. Georges TOURRY, dont l’oeuvre de reconstruction en France après la Seconde Guerre mondiale est significative, en est l’architecte.

Les 5 tours son orientées suivant un même axe, Nord-Est / Sud-Ouest et réparties en quinconce sur une grande parcelle arborée, suivant les principes de la Charte d'Athènes, afin de ne pas porter l'ombre d’un bâtiment sur l'autre. 

Les façades Nord-Ouest et Sud-Est comportent des balcons ponctuels au niveau des séjours.

À l'origine la résidence a été construite pour accueillir le personnel militaire de la caserne des Tournelles située en face. L'écriture est typique de l'architecture du début des années 50, dans un style assez dépouillé, quelque peu brutaliste, avec l'emploi d'un revêtement en gravillon lavé.

 

Typologie architecturale et pathologies particulières : 

L'immeuble souffrait de pathologies très marquées :

  • Les façades : sur les revêtements en gravillon lavé, des chutes de gravillons à répétition nécessitait l'intervention régulière de cordistes pour des réparations ponctuelles et provisoires. Les reprises des gravillons étaient visibles. Des infiltrations étaient signalées régulièrement notamment au niveau des scellements des garde-corps et dans les niveaux hauts des tours. De nombreux logements présentaient des moisissures sur la face intérieure des murs de façade. Les bandeaux en béton, les appuis de fenêtres et les rives de plancher des balcons étaient très encrassées avec un développement de micro-organismes.

 

  • Les toitures étaient dans un état de vétusté avancé. Les combles sous terrasson zinc étaient inaccessibles et non isolés. Les réseaux de chauffage qui y circulaient étaient très vétustes, ce qui provoquait de gros dégâts dans les logements du dernier étage en cas de fuite. L’inaccessibilité des réseaux rendait toute intervention complexe et contraignante.

 

  • Les éléments en serrurerie étaient globalement corrodés et les garde-corps non conformes à la réglementation.

 

La copropriété est alimentée par une chaufferie gaz collective équipée de deux chaudières gaz à condensation située au sous-sol de l’un des bâtiments. La distribution du chauffage se fait par un système dit en "parapluie", c'est à dire que pour chaque bâtiment les colonnes de chauffage montent en toiture pour ensuite alimenter les émetteurs de chauffage dans les appartements par les colonnes descendantes.
La production d'eau chaude sanitaire est individuelle avec une répartition des modes de production (chauffe-eau gaz ou électrique) très diversifiée.
À l'origine, le système de ventilation est naturel avec des entrées d'air basses et bouches d'extraction d'air hautes. L'efficacité du renouvellement d'air était donc dépendant des conditions climatiques, entraînant des débits de ventilation variables et peu maîtrisés, favorisant donc les problèmes liés à l'humidité de l'air.

 

Approche du projet de rénovation par le maître d'ouvrage :

La résidence a dans un premier temps fait réaliser des études de diagnostic qui ont révélé la nécessité d’une rénovation importante.

Conscients de cette nécessité, la copropriété a souhaité poursuivre sa démarche en engageant des études d'Avant-Projet. Toutefois, celles-ci n’ont pas permis de dégager un consensus en Assemblée Générale quant à la définition et l'engagement d’un programme de travaux.

Dans ce contexte, le Conseil Syndical a participé à une journée de formation dédiée à la conduite de projets de rénovation énergétique, organisée par l’Association des Responsables de Copropriété (ARC) et l’Agence Parisienne du Climat (APC).

À l’issue de cette démarche, la copropriété a choisi de s’appuyer sur ReeZOME afin de l’accompagner dans une réflexion globale sur la valorisation de son patrimoine immobilier, en bénéficiant d’un accompagnement complet et sur un processus de conduite de projet basé sur la concertation avec l'ensemble des copropriétaires.

 

PRESTATIONS RÉALISÉES

Audit
Isolation des façades
Isolation de l'ensemble des façades avec un revêtement géosourcé : des bardeaux de terre cuite en parement lisse ou brossé suivant le type et l'orientation des façades, afin de retrouver des matières durables et minérales, à l'instar des matériaux d'origine.
Rénovation complète des toitures
- Dépose des terrassons zinc et des anciens réseaux de chauffage
- Mise en oeuvre d'une nouvelle étanchéité avec isolation performante
- Installation de nouveaux réseaux de chauffage désormais accessibles
- Végétalisation des toitures
Ventilation
Rénovation du système de ventilation avec la mise en place d'une ventilation naturelle assistée hygroréglable avec réutilisation des conduits de ventilation existants en toiture.
Menuiseries
Remplacement des fenêtres des cages d'escaliers par des châssis en double-vitrage pare-flamme réglementaires.
Réfection de l'étanchéité des balcons et mise en conformité des garde-corps.
Isolation des sous-faces des locaux communs du sous-sol et des rez-de-chaussée au droit des logements.
Chauffage
Rénovation complète des réseaux de chauffage en toitures, permettant un remaniement des réseaux et une régulation du chauffage en fonction de l'orientation des façades.

Mise en place d'une régulation du chauffage prédictive, permettant d'adapter et anticiper la régulation du chauffage en fonction de l'inertie du bâtiment et des prévisions météo.

FINANCEMENT

Montant total des prestations de travaux

8,000,000 €

Montant total des aides perçues pour les travaux

3,250,000 €

Reste à charge pour les copropriétaires (moyen)

24,400 €

ACTEURS DU PROJET

MOE, BE fluides et montage financierREANOVA

Photos du projet avant / après

Bâtiments avant les travaux

Bâtiments après les travaux

Zoom sur ...

La qualité environnementale du projet et des solutions proposées

L’isolation thermique associée à un revêtement en bardeaux de terre cuite participe à la qualité environnementale du projet par l’utilisation d’un matériau géosourcé, durable, naturel et recyclable. La terre cuite présente une excellente pérennité et nécessite peu d’entretien, ce qui contribue à la longévité de l’enveloppe du bâtiment.
Cette solution améliore également la performance thermique du bâti tout en valorisant une matérialité minérale, permettant une intégration harmonieuse dans le contexte architectural existant.

 

La végétalisation des toitures de la copropriété constitue un levier majeur d’amélioration de la qualité environnementale du projet. Elle contribue à la réduction des îlots de chaleur urbains, favorise la biodiversité en milieu urbain et améliore la gestion des eaux pluviales grâce à la rétention naturelle des précipitations.
Cette solution permet également d’améliorer le confort thermique du bâtiment en limitant les surchauffes estivales, tout en participant à la protection et à la durabilité de l’étanchéité des toitures.
Au-delà de ses bénéfices techniques, l’intégration de surfaces végétalisées renforce la qualité paysagère du site et participe à une meilleure intégration du bâti dans son environnement urbain.

Une solution illustrant l'opération de rénovation

Mise en œuvre d’une isolation thermique avec un revêtement en bardeaux de terre cuite.

Il s’agissait de retrouver des matières durables et minérales, à l’instar des matériaux d’origine. Des bardeaux de terre cuite ont été choisi qui, tout en participant à l’isolation thermique avec leurs grandes qualités d’inertie, expriment de par leur matière même, minéralité et pérennité. Leur esthétique intemporelle leur permet de s’insérer facilement dans l’environnement parisien. Outre leur teinte majoritairement beige, ces bardeaux ont été choisi en aspect structuré, brossé, de façon à évoquer l’aspect texturé des gravillons lavés des façades actuelles. 

 

Tout aussi important est le calepin de ces bardeaux choisi pour s’inscrire dans le calepin d’origine des façades.

 

Il a donc été retenu pour cela des bardeaux « Terreal » de teinte « beige Sahara », très proche de celle des gravillons lavés. 
Les façades des balcons sud-est et nord-est sont principalement revêtues de bardeaux « beige Sahara » structuré, de même que sur les pignons nord-est qui encadrent les entrées. Cependant, aux angles nord des bâtiments, les bardeaux beige Sahara ont été choisis en aspect lisse et dans un format de hauteur double, de façon à souligner le calepin proche de l’originel et pour donner l’échelle des façades. 
Les avant-corps des façades sud-ouest, « chaudes », sont revêtues des mêmes bardeaux d’aspect structuré, mais de teinte blanc ivoire, pour rompre la relative monotonie des façades et donner aux bâtiments, tous identiques et orientés de la même façon, un peu de fraîcheur et de luminosité. 

La démarche de projet portée par les copropriétaires

Les études de diagnostic ont révélé la nécessité d’une rénovation importante. Conscients de cette nécessité, les copropriétaires ont exprimé le souhait que le projet s'inscrive dans une démarche d'économie d'énergie, de revalorisation architecturale et de développement durable.

 

ReeZOME, en tant qu'AMO, a alors engagé un processus de conduite de projet basé sur la participation des copropriétaires. Ceux-ci ont été pleinement associés aux différentes réflexions concernant leur patrimoine immobilier. Cette démarche participative a permis de construire progressivement le projet, en intégrant à chaque étape les choix des copropriétaires. Cette dynamique collective en faveur de réelles économies d’énergie a donc été l’aboutissement d’un processus de conception progressif.

 

L'accompagnement reçu a également permis à la copropriété d'intégrer le dispositif Éco-Rénovons Paris+, et de mobiliser des aides financières considérables. Le montant total des aides représente plus de 50% du montant total des travaux HT et plus de 40% du montant total de l'opération "toutes dépenses confondues".

 

Malgré une contrainte juridique imposant un vote par bâtiment, cette méthode a permis de trouver une réponse commune pour l'ensemble des bâtiments, et donc d'engager une rénovation énergétique ambitieuse.

La gestion du projet

En phase de conception :

  • planification et coordination des différents intervenants du projet par l'AMO
  • le Conseil Syndical a été fortement mobilisé et a occupé un rôle central dans le projet. Il est intervenu en première ligne pour relayer les informations, nourrir les échanges avec les copropriétaires et contribuer à éclairer les décisions. Véritable tiers de confiance, son implication a favorisé l’adhésion collective et a constitué un levier essentiel à la réussite de l’opération
  • organisation de la concertation avec les copropriétaires (rendez-vous d'informations, affichages, adresse mail dédiée au projet pour réponses aux questions des copropriétaires, foires aux questions, entretiens individuels, etc)

 

En phase d'exécution :

  • un comité de pilotage a été mis en place, réunissant des membres du Conseil Syndical, le syndic, le maître d’œuvre et l’AMO, afin d’assurer le suivi des travaux et la maîtrise du budget. Ce comité s’est appuyé sur une représentation du Conseil Syndical organisée avec au moins un référent par bâtiment.
  • Cette organisation s’est révélée particulièrement efficace, en facilitant le relais d’information, la coordination opérationnelle et la prise en compte des spécificités de chaque bâtiment, contribuant ainsi à la bonne conduite du chantier.

Ce qui aurait pu être géré différemment

La démarche mise en place en phase de conception a permis de structurer efficacement le projet et de mobiliser les copropriétaires autour des enjeux de rénovation. Néanmoins, avec le recul, l’organisation par bâtiment, déployée en phase d’exécution et particulièrement efficace, aurait toutefois pu être initiée dès la phase de conception.

 

En effet, au regard de la complexité juridique de la copropriété, impliquant un vote des travaux par bâtiment, une structuration en amont avec des référents identifiés par bâtiment aurait pu faciliter davantage l’appropriation des enjeux spécifiques et la prise de décision. Lors de la première Assemblée Générale travaux, seuls certains bâtiments se sont prononcés favorablement, nécessitant la tenue d’une seconde assemblée afin d’harmoniser le vote à l’échelle de la résidence.

 

Sans remettre en cause la pertinence de la démarche initiale, cette évolution organisationnelle aurait ainsi pu contribuer à fluidifier le processus décisionnel et à renforcer l’adhésion collective dès cette étape clé.

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