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[Série technique] - Les protections solaires extérieures en copropriété pour lutter contre la surchauffe des bâtiments et des logements

Publié le 25 juin 2026

Avec le réchauffement climatique, les étés sont de plus en plus chauds et les vagues de chaleur tendent à d’intensifier et à être de plus en plus fréquentes. L’adaptation des bâtiments à ces évolutions climatiques est donc essentielle pour garantir une habitabilité en période estivale dans les logements. Différentes solutions permettent d’adapter les bâtiments et les logements et de limiter leur surchauffe. Les protections solaires font partie de ce panel de solutions.

 

Cet article technique propose de présenter cette solution d’adaptation des bâtiments en s’appuyant notamment sur le Guide Adaptaville sur les protections solaires rédigé par l’Agence Parisienne du Climat, ainsi que sur un entretien réalisé avec l’entreprise Norba.

Qu’est-ce qu’une protection solaire ?

A quoi servent les protections solaires ?

Comme leur nom l’indique, les protections solaires viennent protéger le bâtiment des rayons du soleil.

En effet, le rayonnement solaire constitue le principal apport de chaleur dans un bâtiment en passant à travers les vitrages non protégés.

Une baie vitrée de 1 m² exposée au soleil direct produira environ autant de chaleur qu'un radiateur allumé (500W). (Guide Adaptaville, 2026) 

Il y a donc un réel enjeu à bloquer l’arrivée du rayonnement solaire direct.

Pour cela, différents types de protections solaires existent, chacune étant adaptée à des situations particulières.

Quels sont les grands types de protections solaires ?

Il est possible de distinguer les protections solaires de deux grandes manières :

  • Où se situent-elles par rapport au vitrage : intérieures ? Intégrées au vitrage ? Extérieures ?
  • Sont-elles fixes ou mobiles ?

Cet article s’intéressera principalement aux protections solaires extérieures, qui sont les plus efficaces pour bloquer l’énergie solaire.

Zoom sur l'efficacité des différents types de protections solaires selon leur emplacement par rapport au vitrage. 

Selon Bruxelles Environnement, administration de l'environnement et de l'énergie en Région de Bruxelles-Capitale, dans son Guide du Bâtiment Durable, la part d’énergie solaire bloquée est de l’ordre de :

  • 40 à 60 % pour les protections intérieures ; 
  • 70 à 80 % pour les protections intégrées ;
  • 80 à 90 % pour les protections extérieures.

Les protections solaires extérieures fixes

Les protections solaires extérieures fixes sont intégrées de manière permanente au bâti. On les appelle également brise-soleil. Les plus communes sont les suivantes :

Brise-soleil verticaux
Brise-soleil verticaux dans le 14e arrondissement de Paris. © Agence Parisienne du Climat

Ces protections sont efficaces contre les rayons du soleil lorsqu’ils arrivent sur les façades exposées est ou ouest.

Leur efficacité est avérée lorsque les lames sont épaisses et rapprochées, ce qui diminue toutefois l’éclairage.

Casquettes (brise-soleil horizontaux)
Casquettes sur un bâtiment à Saint-Denis (93). © Agence Parisienne du Climat

Ces protections sont très efficaces en façade sud contre les rayons hauts du soleil. Les apports solaires hivernaux ne sont pas contraints car ils sont plus bas (cf schéma explicatif ci-dessous).

L'effet d'une casquette selon la position du soleil - © energieplus-lesite.be

Les protections solaires extérieures mobiles

Les protections solaires mobiles peuvent être ouvertes, fermées, ou bien orientées par les usagers.

Il existe plusieurs types de protections solaires mobiles.

Stores extérieurs à toile verticaux
Store extérieur à toile verticale. © Agence Parisienne du Climat

Ces stores sont constitués d’une toile tendue déployée devant le vitrage. Le rayonnement solaire est bloqué mais la lumière peut tout de même passer au travers.

Stores bannes et à projection
Store à projection (Paris 12e). © Agence Parisienne du Climat
Store banne dans une copropriété à Saint-Mandé (94). © Agence Parisienne du Climat

Ces stores extérieurs se déploient plus ou moins à la guise des usagers. Ils permettent, contrairement aux stores verticaux ci-dessus, de garder une certaine visibilité.

Brise-soleil orientables (BSO)
Brise-soleil orientables posés en façade sud d'une copropriété parisienne (Paris 18e). © REANOVA

Les brise-soleil orientables (BSO) sont constitués de lames horizontales qu’il est possible d’orienter manuellement pour gérer l’apport de lumière souhaité.

Volets pleins (battants, coulissants, pliants)
Volets en bois sur une copropriété du 19e arrondissement de Paris. © UTFORM

Les volets pleins s’ouvrent et se ferment, garantissant une protection totale lorsqu’ils sont fermés. Toutefois, ils empêchent la lumière de passer et ne permettent donc pas de conserver une lumière naturelle à l’intérieur.

Persiennes ajourées
Persiennes ajourées à Saint-Mandé (94). © Agence Parisienne du Climat

Les persiennes ajourées reposent sur le même principe que les volets mais ont l’avantage d’être perforées. La lumière peut donc passer partiellement ce qui permet de conserver cet apport naturel en journée et de ventiler la nuit en sécurité.

Volets roulants
Copropriété avec des volets roulants à L'Haÿ-les-Roses (94). © REANOVA

Les volets roulants sont d’abord pensés comme des occultants. Ils s’enroulent dans un coffre lorsqu’ils sont ouverts. Ils ont la capacité en hiver de renforcer l’isolation de la façade. Pour l’été ils permettent un blocage total du rayonnement solaire mais empêchent donc toute lumière d’entrer, de même pour l’air de circuler.

Retrouvez notre série technique dédiée aux volets roulants. Cette solution est particulièrement appréciée en copropriété.

Comment choisir la bonne protection solaire ?

Il n’existe pas de protection solaire universelle. Selon le type d’usage que l’on a dans une pièce du logement et selon l’orientation du bâtiment et donc son exposition au soleil, il faudra choisir une protection solaire adaptée et bien dimensionnée.

Analyser le bâtiment et son environnement

L’exposition des fenêtres à protéger est très importante pour déterminer quel type de protection solaire sera adapté :

  • Au sud, l’exposition dure quasiment toute la journée. En été, le soleil est haut et les rayons arrivent donc presque verticalement.
  • Les façades est et ouest sont exposées à un soleil « rasant » : l’exposition dure moins longtemps mais elle est plus intense :
  • A l’est, les façades sont exposées le matin, entrainant donc un risque de surchauffe dès le début de la journée en été.
  • A l’ouest, les façades sont exposées l’après-midi jusqu’au coucher du soleil, ce qui risque de dégrader le confort thermique en été même en fin de journée.
  • Au nord, les façades ne sont quasiment pas exposées, du moins pas directement.

Ainsi, il est primordial de protéger les façades est et ouest où le rayonnement solaire sera le plus intense, ainsi que les façades Sud où l’exposition est la plus prolongée. 

L’étude de l’environnement du bâtiment comporte également l’identification d’éventuels masques solaires déjà présents tels que les bâtiments existants proches, les arbres hauts, ou encore les plantes grimpantes.

Qualifier le besoin dans son logement

Nous nous intéressons ici à l’installation de protections solaires en rénovation, en copropriété. Ainsi, les besoins identifiés correspondent à ceux des logements, qui peuvent différer selon la pièce concernée :

  • Besoin de sur-ventiler la nuit dans l’ensemble des pièces, surtout dans les chambres où la chaleur peut empêcher les occupants de dormir ;
  • Besoin de garder de la lumière naturelle dans les pièces de vie afin de ne pas vivre dans le noir et de ne pas consommer d’énergie via l’utilisation de lumière artificielle ;
  • Besoin d’assurer une certaine sécurité, notamment lorsque les logements sont situés dans des étages en bas de l’immeuble

"Concernant la sécurité des habitants, on préfèrera des protections solaires avec des matériaux résistants lorsqu’un accès est possible. Par exemple, des persiennes métalliques en rez-de-chaussée versus des persiennes en PVC ou en bois aux autres étages."

Rodolphe Beautru

Responsable Commercial Grands Comptes NORBA Ile-de-France

Confronter les besoins aux contraintes du bâtiment

Tous les bâtiments ne peuvent pas recevoir les mêmes types de protections solaires. L’enveloppe des bâtiments sur laquelle seront fixées les protections extérieures doit être compatible avec les fixations.

 

Certaines protections solaires viendront se fixer contre la façade (ex : brise-soleil fixe, volets battants etc.), d’autres pourront se fixer dans le tableau de fenêtre (ex : volet roulant, persiennes etc.).

 

Aussi, certaines protections solaires extérieures comme des volets coulissants auront besoins de rails pour coulisser. Il peut également y avoir des câbles ou des coulisses pour le déploiement de certains stores ou de volets roulants.

 

De plus, il faut que les protections solaires soient adaptées aux ouvertures qu’elles viennent protéger, et de manière générale à l’espace qu’elles peuvent prendre sur la façade. Les fixations mentionnées ci-dessus, ou encore les coffres permettant de loger les protections qui s’enroulent, peuvent parfois prendre de la place et ne seront pas forcément adaptées à de petites fenêtres ou bien à des façades encombrées avec des modénatures.

 

Enfin, il faudra également choisir des protections solaires qui s’intègrent bien architecturalement dans l’immeuble.

Comparer les solutions possibles entre elles

 

 

Façades adaptées

 

Réduction surchauffe

 

Cobénéfice hivernal

 

Coût

 

Apport lumineux

 

Adapté en copro ?

 

 

 

Brise-soleil fixe vertical

 

 

 

Est

Ouest

 

 

 

Moyenne

 

 

 

Baisse des apports en hiver

 

 

 

Moyen,160 -240€ HT / m²

 

 

 

Moyen

 

Peu adapté en raison du manque de cobénéfice en hiver et de la baisse de la luminosité

 

Casquette

 

Sud

 

Forte

 

/

 

Faible, 100 – 270€ HT / m²

 

Moyen

 

Oui si l’intégration architecturale est bonne

 

Stores extérieurs à toile verticaux

 

 

Est

Ouest

Sud

 

 

Elevée

 

 

/

 

 

Moyen, 400 – 600€ HT / m²

 

 

 

Moyen

 

 

 

Oui

 

Stores-bannes, à projection

 

 

 

Sud

 

 

Elevée

 

 

/

 

Faible, 200 – 400€ HT / m²

 

 

Moyen

 

 

Oui

 

 

 

Brise-soleil orientable (BSO) / store vénitien extérieur

 

 

 

 

 

 

Est

Ouest

Sud

 

 

 

 

 

Elevée

 

 

 

 

 

/

 

 

 

Moyen, 600 – 1300€ unité

 

 

 

 

 

Moyen

 

 

 

 

 

Oui

 

Volets pleins (battants, coulissants, pliants)

 

 

Est

Ouest

Sud

 

 

Elevée

 

 

Positif, effet isolant possible !

 

Moyen, 200 – 900€ HT unité

 

 

Faible

 

 

Oui

 

 

Persiennes

 

 

 

Est

Ouest

Sud

 

 

Elevée

 

 

/

 

Moyen, 200 – 900 € HT unité

 

Moyen, selon les ajours

 

 

Oui

 

 

Volets roulants

 

 

 

Est

Ouest

Sud

 

 

Elevée

 

 

Positif, propriétés isolantes

 

 

Moyen, 250 – 850€ HT unité

 

 

Faible

 

 

Oui

 

Intégrer des protections solaires dans un projet de rénovation énergétique global en copropriété

Intégrer le confort d’été dans la conception du projet

La rénovation énergétique globale, si elle permet d’améliorer le confort en hiver et de baisser ses consommations, génère des cobénéfices en été puisqu’elle améliore globalement la performance thermique du bâtiment.

 

C’est pourquoi il est important, dès la phase de maîtrise d’œuvre conception, d’intégrer des solutions d’adaptation qui permettront de renforcer l’impact de la rénovation sur le confort estival. Les protections solaires doivent faire intégralement partie des solutions techniques mises en place dans les travaux de rénovation globale en copropriété pour protéger les habitants du rayonnement solaire, notamment dans les logements exposés au sud, à l’est ou encore à l’ouest.

 

Pour que les protections solaires soient efficaces, il est impératif qu’elles soient bien dimensionnées. Il est donc nécessaire d’étudier l’ensoleillement du bâtiment afin de placer les bonnes protections solaires sur les bonnes façades, en veillant à considérer les besoins des usagers mentionnés plus haut.

 

Focus sur l'isolation thermique par l'extérieur et les protections solaires extérieures

Dans le cadre d’une rénovation globale comportant une ITE, il faudra penser à bien traiter les ponts thermiques liés à la fixation de la protection solaire. En principe, si le bâtiment ne comporte pas de protection solaire, alors celles-ci seront posées de manière concomitante avec l’ITE. Si des protections solaires sont déjà présentes, il conviendra de les déposer et de les reposer (ou de les remplacer). Bien que l’ITE freine l’entrée de chaleur dans le bâtiment à travers l’enveloppe, elle doit s’accompagner de protections solaires pour empêcher l’apport principal de chaleur qui se fait par les occultations, et d’une sur-ventilation nocturne.

Contexte réglementaire

Les protections solaires constituent une modification architecturale des façades. Ainsi, elles sont soumises à une demande préalable (DP) auprès des services de l’Urbanisme.

 

Les autorisations seront délivrées en fonction du PLU de la commune concernée et des contraintes patrimoniales spécifiques de celle-ci (matériaux, teintes etc.) : qu’est-ce qui est préconisé ? ou bien proscrit ?  

 

C’est pourquoi il est primordial de considérer les protections solaires en rénovation en respectant l’écriture architecturale du bâtiment et en étudiant comment la façade s’inscrit dans son contexte urbain.

Une décision à prendre en assemblée générale

Dans un contexte de copropriété, l’installation de protections solaires extérieures doit se voter en assemblée générale puisque l’aspect extérieur de l’immeuble est modifié.

 

C’est d’autant plus pertinent d’intégrer les protections solaires dans une rénovation globale puisque cela permettra par exemple de réaliser des économies d’échelle en installant ces dispositifs pour plusieurs logements et en réalisant des achats groupés.

Façade sud du 28 rue des Roses (Paris 18e) comportant des brise-soleil orientables. © REANOVA

Rénovation globale au 28 rue des Roses dans le 18e arrondissement de Paris

La copropriété a réalisé un programme de travaux ambitieux permettant une amélioration de la performance thermique de l’immeuble de 75%. Afin de renforcer l’amélioration thermique globale de la copropriété en hiver comme en été, la maîtrise d’œuvre a proposé d’intégrer aux menuiseries des brise-soleil orientables extérieurs en PVC blanc sur la façade rue exposée plein sud. Cette protection solaire leur permet d’occulter complétement si besoin, ou bien de la laisser entrouverte afin de laisser l’air circuler la nuit en été.

Conclusion : choisir des protections solaires adaptées au bâtiment et aux usages de la copropriété, en garantissant des cobénéfices en toute saison !

L’installation de protections solaires en copropriété, en rénovation, est une solution impérative pour lutter contre la surchauffe des logements.

 

Ces dispositifs dont l’objectif est de bloquer les rayonnements du soleil doivent être complétés par d’autres mesures d’adaptation telles que la sur-ventilation nocturne pour renforcer leur efficacité.

 

Leur installation doit être réalisée intelligemment en prenant en compte :

  • L’orientation et l’exposition des façades
  • Les besoins des usagers
  • L’écriture architecturale du bâtiment
  • Les contraintes patrimoniales locales.

 

S’il est important de bloquer le rayonnement solaire en été, il demeure pertinent de le conserver en hiver pour bénéficier d’apports énergétiques gratuits. C’est pourquoi la combinaison des solutions semble être particulièrement intéressante pour pouvoir maîtriser au mieux l’apport de chaleur et de lumière dans son logement selon les saisons.

 

Par exemple :

  • Disposer d’une occultation permettant de faire le noir, notamment dans les chambres, telle que les volets roulants qui vont également isoler en hiver ;
  • Compléter avec des stores bannes qui protégeront du soleil en été et laisseront passer la lumière, que l’on gardera rétractés en hiver lorsque les apports solaires sont intéressants.

 

Ces solutions d’adaptation doivent être intégrées à une réflexion globale d’amélioration de la performance thermique des immeubles et ainsi être pensées dès la phase de conception dans les projets de rénovation énergétique.

Pour aller plus loin